Benoît Drouin-Germain
Amateur de hockey, de café et de jeux vidéo, Benoît est un gars qui a un cellulaire et qui passe beaucoup trop de temps devant son ordinateur. Il espère devenir riche un jour, mais il gère très mal son budget. L’été, on peut le voir parcourir les rues de Montréal en patins à roulettes, mais l’hiver il se vautre dans son divan en regardant des films américains. Dans son sac, Benoît traîne toujours un bon roman, un agenda barbouillé et le mot croisé (presque fini) du journal Métro.
Voici une des pièces de Benoît présentées lors du spectacle Pièces pour emporter :
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Mathieu Carignan
de Benoît Drouin-Germain
-GO-
(Benoît et Mathieu sont centre scène avec des sacs à dos. )
Ça fait à peu près un mois de ça, j’ai rêvé à Mathieu Carignan. Mathieu Carignan c’était mon voisin quand j’étais petit. Il était plus vieux que moi. C’était comme mon grand frère, c’était mon modèle, mon idole. En 1991, j’avais 9 ans.
(Benoît et Mathieu enfilent des chandails de hockey, chacun un gant de baseball et un bâton de mini hockey. Les sac à dos feront office de poteaux pour un but de hockey; dans les sacs il y a des balles.)
C’est Mathieu Carignan qui m’a appris à jouer au hockey dans rue en face de chez nous; à jouer au baseball, au parc; au basket-ball, dans le drive way; au football, au tennis, à l’atarie, au séga. Mais surtout, en 1991, avec Mathieu Carignan, on jouait au mini-hockey, dans le sous-sol de chez ses parents. La télé à MusiquePlus, c’était McHammer.
(On entend «Can’t touch this» de McHammer.
Benoît est dans les buts, Mathieu tente de marquer.
Mathieu est dans les buts, Benoît tente de marquer.)
En 1991, dans le sous-sol chez Mathieu Carignan, c’était les premiers films d’horreur : Le Blob, Halloween, La Mouche… ou les films de 1986 qui repassaient à tv quatre fois par année : Cœur circuit, Les guerriers du soleil, Rocky IV, Top Gun. À MusiquePlus, c’était Bad Religion.
(On entend «21st century digital boys» de Bad Religion.
Benoît est dans les buts, Mathieu tente de marquer.
Mathieu est dans les buts, Benoît tente de marquer.)
Il m’avait donné une carte de Steve Izerman, pis une vieille casquette des Red Wings de Détroit.
En 1991, je me prenais pour Steve Izerman, je trouvais que ça sonnait ben, Steve Izerman.
À MusiquePlus, c’était Scorpions, avec des images de la chute du mur de Berlin.
(On entend «The wind of change» de Scorpions.
Benoît est dans les buts, Mathieu tente de marquer.
Mathieu est dans les buts, Benoît tente de marquer.)
(Mathieu et Benoît s’ouvrent une bière.)
Je voudrais profiter de l’occasion pour lever mon verre à tous nos amis d’enfance, à tous nos voisins, à nos grands frères et grandes sœurs et surtout à Mathieu Carignan, sans qui je ne serais pas ce que suis aujourd’hui.
-RIDEAU-
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